↳ Le cyber-harcèlement dans le contexte international

Un phénomène mondial

Plusieurs études ont été menées dans différents pays du globe. Le cyber-harcèlement n'est pas isolé ; puisqu'il se manifeste sur Internet et par les téléphones mobiles, il est présent sur une grande majorité du monde. Les résultats de ces études ont été mentionnés dans un rapport de l'internet observatory. On ne détaillera pas ici tous les pays mentionnés dans ce rapport global, seulement quelques un à titre d'exemple. Dans l'optique d'éviter un simple copier-coller, on interprétera les résultats.

  • en Australie, environ 14 % des élèves de l'enseignement secondaire moyen (entre 13 et 14 ans, le système scolaire australien étant assez différent du système français) rapportent avoir été victime de cyber-harcèlement. 11 % d'entre eux disent avoir été harcelés par Internet ou bien par téléphone. Plus de la moitié des élèves interrogés sont convaincus que le cyber-harcèlement est un problème toujours en pleine expansion ;
  • au Canada, une étude a donné quelques données importantes quant à la fréquence du cyber-harcèlement. En effet, ce phénomène est souvent pratiqué plusieurs fois d'affilée par la même personne, comme le prouvent ces chiffres : 30,5 % des individus harceleurs (et non harcelés, distinction à faire) déclarent avoir manifesté des formes de cyber-harcèlement au moins 4 fois. 43,4 % l'ont fait entre  4 et 10 fois, et 20, 7 % ont occasionné le cyber-harcèlement plus de 10 fois ! Du côté des victimes cette fois, un cinquième déclare avoir dû faire face à des formes de harcèlement en ligne entre 4 et 10 fois, et environ la même proportion plus fréquemment, soit plus de 10 fois.

Les pourcentages montrent donc qu'en plus d'être un phénomène qui se propage rapidement et qui a un caractère dévastateur, le cyber-harcèlement peut se répéter plusieurs fois. On retrouve ainsi la récurrence que l'on peut imaginer pour les enfants harcelés chaque jour qu'ils vont à l'école, ou chez l'individu qui chaque jour au travail est harcelé par des collègues ou des supérieurs. La fréquence est donc un facteur déterminant de l'efficacité du cyber-harcèlement : forcément, plus on va chercher à faire faiblir la victime, plus celle-ci s'ouvre à de graves conséquences psychologiques et physiques. Dans le cas d'Amanda Todd que nous avons mentionné précédemment sur le site, le harcèlement en ligne s'était étendu sur plusieurs années.

  • aux États-Unis, Robin M. Kowalski et Susan P. Limber, deux spécialistes américains respectivement en psychologie et en sociologie familiale et de quartier, ont publié une étude qui s'est faite sur des collégiens du sud-est et sud-ouest du pays, durant l'année 2007. Précisément, 3767 élèves ont répondu à leurs différents sondages, et des constatations se font au vu des chiffres : 18 % des personnes interrogées (soit 678 individus) prétendent avoir eu affaire au cyber-harcèlement dans les deux mois qui précédèrent l'étude alors menée. Là où ces chiffres deviennent vraiment intéressants, c'est dans leur répartition au niveau du sexe : les filles y ont fait face à 25 %, et les garçons à 11 % seulement. Cela confirme donc les observations faites au sujet d'inégalités de sexe et d'âge. 
    Pire encore, pour certains de ces élèves, le cyber-harcèlement vient d'une personne proche d'eux (et c'est majoritairement le cas lorsque ce phénomène se manifeste). Cela inclut les amis, la famille (frères et soeurs), ou les membres du groupe de pairs à l'école, avec respectivement 37 %, 13 % et 53,2 %. L'étude a également démontré que presque la moitié des  élèves (1808 soit approximativement 48 %) ne connait pas l'identité des harceleurs. Chiffres par ailleurs corroborés par une étude belge ! 
  • au Royaume-Uni, une étude anglaise signale que 22 % des individus interrogés ont déjà été victime de harcèlement en ligne, dont 6,6 % de manière récurrente.

 

 Vers une estimation mondiale de l'ampleur du cyber-harcèlement ?

Deux auteurs américains, Corinne David-Ferdon et Marci Feldman Hertz se sont livrés à ce qu'ils ont appelé une « méta-analyse » de l'ampleur du cyber-harcèlement au niveau mondial. Mais qu'en est-il de leurs résultats ? Concrètement, le cyber-harcèlement, de par toutes les études qu'ils ont pu analyser, est définitivement un problème croissant. Les auteurs rapportent même qu'entre 2000 et 2005, le nombre de jeunes impliqués dans le harcèlement en ligne a augmenté de 50 % ! Toutefois, ils notent que le problème du cyber-harcèlement reste statistiquement moins important que le harcèlement classique. 

Estimer mondialement et précisément l'ampleur du cyber-harcèlement reste ainsi une tâche très complexe, puisque toutes les études ne sont pas réalisées de la même façon, sur une même catégorie de personnes et selon des critères communs. Malgré cela, des spécialistes sont parvenus à mettre en relation les résultats mondiaux pour en tirer des affirmations dont la véracité est vérifiée au sujet de ce phénomène.

En conclusion de cette sous-partie, on notera que le cyber-harcèlement n'est pas un phénomène localisé, mais bien mondial, qui traverse les frontières. Partout où l'on a Internet et les communications téléphoniques, le cyber-harcèlement peut frapper. Puisque ces services sont très largement développés dans le monde, il va de soi que le cyber-harcèlement peut se développer à la même vitesse. Estimer son ampleur mondiale reste toutefois difficile, étant donné que trop peu de pays lui donnent une réelle importance, et que souvent seuls des spécialistes ou des professeurs, d'après les études constituant nos sources, cherchent à démontrer son importance internationale. Quoiqu'il en soit,  les chiffres et les faits sont là : le cyber-harcèlement peut toucher n'importe qui dans le monde et n'a pas d'emplacement géographique favori.

 

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